Hégésippe Moreau — 1810-1838

Hégésippe Moreau (obsèques)

Le National
de 1834
Édition de Paris
Vendredi, 21 décembre 1838.

pages 2 et 3

HÉGÉSIPPE MOREAU.

Aujourd’hui ont eu lieu les obsèques d’Hégésippe Moreau.

Un nombreux concours d’hommes de lettres et de typographes s’était rendu au convoi. Cette affluence et la religieuse attente de la foule, dans une cour d’hôpital, offrait un spectacle bien triste et bien touchant à la fois.

Le corps d’Hégésippe Moreau a été embaumé par les soins de M. Gannal, qui a fait preuve, en cette pénible circonstance, d’un zèle et d’un désintéressement habituels chez cet honorable savant. Les traits du malheureux poète ont été moulés par M. Guy.

Arrivé a la fosse provisoire, où le corps a été déposé , M. Berthaud a prononcé sur la tombe de son ami, quelques phrases touchantes qui ont excité une vive émotion.

Plus tard, lorsque les mesures seront prises et les formalités remplies, les restes d’Hégésippe Moreau seront transférés du lieu de dépôt provisoires à son tombeau définitif. Les amis du grand et pauvre poète convoqueront à cette translation les littérateurs, les étudians, et les ouvriers de toutes les professions, dont Moreau, ouvrier lui-même, était le frère. Tout ce qui représente l’intelligence et la force du peuple, devra venir honorer l'homme de génie, fils du peuple, misérablement mort dans un hospice.

Note du TdS

Une version plus longue de cet article parait dans le Charivari du même jour.